Les rumeurs sur un contrôle des capitaux aux Émirats sont « fausses », affirment plusieurs instances émiraties à l’unisson

Plusieurs instances émiraties ont démenti les rumeurs faisant état de la mise en place d’un contrôle des capitaux dans le pays, qui s’est retrouvé impliqué dans le conflit opposant Israël et les États-Unis à l’Iran.

Anouar Gargash, le conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, fait partie des voix qui ont rejeté catégoriquement ces informations circulant depuis plusieurs jours mais qui n’ont été corroborées par aucune décision concrète.

« Nous avons averti à plusieurs reprises du danger des rumeurs en temps de guerre. Ce qui circule concernant l’imposition de restrictions sur la circulation des capitaux aux Émirats arabes unis est faux, et les autorités officielles le réfutent clairement. L’histoire économique des Émirats repose sur l’ouverture et la liberté de circulation des fonds, ce qui constitue l’un des piliers de leur succès et de leur attractivité pour les investissements », a écrit jeudi le conseiller dans un message sur X. « Les Émirats reviendront avec plus de détermination et de succès, et l’agression iranienne ne réussira pas dans ses ambitions », a-t-il ajouté.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Dubai Media Office, instance officielle qui sert de porte-voix aux autorités de Dubaï, a également publié un message qualifiant de « fausses nouvelles » les informations indiquant que « les Émirats arabes unis auraient introduit des lois strictes empêchant les investisseurs étrangers de retirer leurs capitaux et de quitter Dubaï » et que « ces mesures incluraient notamment le gel des comptes bancaires et des restrictions sur les transferts d’argent et la circulation des capitaux ».

« L’économie des Émirats est solide, et Dubaï continuera de rester un centre économique mondial ouvert et attractif », a ajouté l’organisme.

Même ton et même fond du côté du ministère de l’Économie et du Tourisme, qui a publié un communiqué sur son site internet : « Le ministère a souligné l’engagement ferme des Émirats envers des politiques d’ouverture économique et de libre circulation des capitaux, conformément aux meilleures pratiques internationales, de manière à renforcer un environnement d’investissement stable et attractif. Le ministère a exhorté le public et les médias à se référer aux sources officielles pour obtenir des informations exactes », pouvait-on y lire. Le même message a été diffusé via des vidéo sur les réseaux sociaux.

Deux résidents que nous avons contactés aux Émirats et qui souhaitent rester anonymes ont indiqué de leur côté qu’aucune mesure de restriction des capitaux ne leur avait été imposée ni communiquée par leurs banques respectives. L’un d’eux affirme avoir effectué une importante transaction il y a moins de deux jours et que « tout s’est déroulé normalement ».

La guerre, qui a poussé de nombreux riches résidents de plusieurs pays du Golfe à quitter au moins temporairement la région, laisse planer le risque d’une fuite massif de capitaux du pays si le conflit devait se prolonger. Lundi, Standard & Poor’s Global Ratings a estimé que les banques du Golfe pourraient faire face à des sorties de dépôts domestiques de 307 milliards de dollars tout en précisant qu’elle n’avait observé aucune preuve de sorties importantes de fonds étrangers ou locaux des banques.

Mardi, la Banque centrale des Émirats (CBUAE) a annoncé l’activation d’un plan de soutien aux banques, comprenant un assouplissement des conditions d’accès à la liquidité, une réduction temporaire des réserves de capital obligatoires et la possibilité de reporter la classification des prêts pour les clients touchés. Ce plan vise à soulager le secteur et à protéger la stabilité financière du pays, tout en maintenant la solidité et la compétitivité du secteur bancaire des Émirats.

« La CBUAE, qui supervise des réserves de change record de plus de 1 000 milliards de dirhams (≈ 270 milliards de dollars) et un ratio de couverture de la base monétaire de 119 %, réaffirme les solides fondamentaux du secteur bancaire des Émirats, évalué à 5,4 trillions de dirhams d’actifs (≈ 1,47 trillion de dollars) », a encore écrit la Banque centrale.

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Article publié sur le site de L’Orient le Jour: consulter l’article