L’inflation était à plus de 12 % en février au Liban, avant la guerre et l’envolée des cours des hydrocarbures

L’indice des prix à la consommation au Liban – qui mesure les prix en livres libanaises – a augmenté de 1,90 % en rythme mensuel et de 12,27 % en rythme annuel en février, juste avant la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran et les affrontements entre le Hezbollah et l’État hébreu, selon la dernière mise à jour publiée mardi par l’Administration centrale des statistiques, avec un peu de retard par rapport à son calendrier habituel.

Ces résultats reflètent une hausse de l’inflation par rapport à son niveau de janvier (+1 % et +10,91 %), qui est restée cependant inférieure à la moyenne annuelle de 2025 (+14,8 %), en attendant les répercussions du conflit qui a fait bondir les prix des carburants au Liban dans des proportions allant de 30 % à plus de 50 %, répercutant le renchérissement des cours des hydrocarbures à l’échelle mondiale.

Les prix ont augmenté en rythme mensuel dans toutes les mohafazats : +2,42 % à Beyrouth, +1,69 % au Mont-Liban, +1,78 % au Nord, +2,90 % dans la Békaa, +1,55 % au Liban-Sud et +2 % à Nabatiyé. Le taux de change est reste stable a 89 500 LL pour un dollar.

Transports et vêtements

La reprise de l’inflation en février s’explique par d’autres facteurs. D’une part, les carburants ont augmenté entre 8 % et 32 % (31,43 % pour l’essence, 30,85 % pour l’essence 98, 8,20 % pour le diesel et 13,99 % pour le gaz) entre fin janvier et fin février, sous l’effet de l’évolution des cours de l’énergie, mais surtout des droits d’accise imposés courant février par le gouvernement pour financer des primes exceptionnelles aux fonctionnaires, dont les rémunérations n’ont toujours pas été ajustées de manière à compenser intégralement la dépréciation de la livre et le coût de la vie depuis la crise qui a éclaté en 2019. Or, la hausse des carburants peut également avoir un effet de levier sur d’autres prix comme ceux des transports qui ont bondi de 8,17 % en rythme mensuel, faisant passer le taux d’evolution de ce sous-indice en rythme annuel de -0,71 % en janvier à +6,03 %.

Une hausse de la TVA d’un point est également prévue, même si elle n’a pas encore été votée, ce qui a pu pousser certains acteurs à augmenter leurs prix par anticipation, même si cela est difficile à mesurer. Le gouvernement a enfin approuvé plusieurs ajustements au niveau de la fiscalité dans le budget de 2026, que les contribuables ont probablement commencé à répercuter. Ce phénomène est cependant resté modéré en février, à en croire les statistiques publiées : la plus forte hausse mensuelle derrière les carburants concerne les denrées alimentaires, avec +2,09 % en février contre 1 % en janvier, soit loin derrière le transport, pour une hausse annuelle encore spectaculaire de 16,03 %.

En troisième position figurent les prix du logement, avec +1,60 % en rythme mensuel (0,38 % en janvier et 14,82 % en rythme annuel en février), qui ont été principalement portés par une hausse mensuelle de plus de 3 % des coûts de l’énergie. La plus importante des très rares baisses constatées à ce niveau a été enregistrée au niveau du sous-indice des vêtements et chaussures, soit -2,47 % et +3,86 % en rythme annuel.

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Article publié sur le site de L’Orient le Jour: consulter l’article