Moyen-Orient : les marchés mondiaux reculent sans paniquer sous le flux des informations contradictoires

Les marchés mondiaux reculent, mais sans paniquer jeudi, hésitant devant la situation confuse au Moyen-Orient et la reprise de la hausse du pétrole.

Tous les indices terminent dans le rouge en Europe, avec le plus fort recul pour Francfort (-1,50%), suivi par Londres (-1,33%), Paris (-0,98%) et Milan (-0,71%). A 17h00 GMT, Wall Street évoluait également en recul sur ses trois principaux indices: le Nasdaq en baisse de 1,48%, le S&P 500 de 1,06% et le Dow Jones de 0,66%.

Référence du brut, le Brent de la mer du Nord remonte fortement à 108,09 dollars (+5,74%), selon un pointage juste après 17h00 GMT. Traditionnellement moins cher, son équivalent américain du West Texas Intermediate (WTI) s’inscrivait à la hausse également (à 95,09 dollars le baril, +5,28%).

« Les prix du pétrole et du gaz ont augmenté d’environ 40% depuis le 28 février, ce qui devrait avoir un impact significatif sur l’économie mondiale, au moins à court et moyen terme », souligne le conseiller en investissement Grégoire Kounowski, du gestionnaire Norman K. « À chaque séance durant laquelle le prix du pétrole reste au-dessus de 100 dollars, le climat sur le marché actions se dégrade. Le risque de stagflation augmente constamment et peut conduire à une récession, en particulier en Europe », estime de son côté Andreas Lipkow, de CMC Markets.

« On est sur un marché qui continue d’afficher davantage de prudence, mais on est loin d’un scénario de panique et de capitulation des investisseurs. Nous ne sommes pas dans un scénario qui envisage une récession », nuance pour sa part Amélie Derambure, gestionnaire de portefeuilles à Amundi. « D’une manière globale, ce qui est intéressant, c’est de voir qu’une grande majorité des investisseurs continue de penser que la guerre sera achevée avant la fin du mois d’avril », ajoute-t-elle.

« Des rebonds techniques sont possibles. Mais un retour durable de la hausse [des Bourses] est subordonné à un début de négociations entre les Américains et les Iraniens. Nous en sommes loin, a priori », pointe néanmoins Christopher Dembik, de Pictet Asset Management. L’Iran a répondu par la négative à la proposition en 15 points annoncée par Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, qu’il avait reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l’agence de presse iranienne Tasnim. Le président américain a cependant affirmé que l’Iran avait autorisé le passage de dix pétroliers dans le détroit d’Ormuz, alors qu’il avait fait référence la veille à un « gros cadeau » de la part de Téhéran. Plus tôt dans la journée, il a en tout cas demandé à l’Iran de « devenir sérieux avant qu’il ne soit trop tard ».

Les marchés peuvent être déstabilisés par le « double jeu » de Donald Trump, selon Grégoire Kounowski. « Si Washington se montre pressé de négocier, en parallèle, le Pentagone envoie des milliers de soldats sur place (…) En face, les gardiens de la révolution iraniens se préparent à une intervention américaine », développe-t-il.

L’or sous pression

L’once d’or est tombée sous les 4 500 dollars, soit environ 1 000 dollars en dessous des sommets atteints fin janvier. À 17h00 GMT, l’once d’or valait 4 390,90 dollars (-2,55%) et celle d’argent perdait 4,63% à 67,91 dollars. « On avait eu beaucoup d’investisseurs particuliers qui avaient acheté de l’or dans une dynamique de profits à court terme. Ils sont sortis massivement de ces investissements depuis le déclenchement du conflit. Ils ont tiré à la baisse le marché de l’or », décrypte Amélie Derambure, d’Amundi.

Les taux d’emprunt des États en hausse

Signe d’inquiétude, les taux d’intérêt à dix ans sur la dette des États remontent jeudi. Référence en Allemagne, le taux du Bund allemand repassait la barre des 3%, à 3,07% contre 2,95% la veille. Son équivalent français flirtait avec les 3,80%, contre 3,65% mercredi. Le taux des bons du Trésor américains à dix ans s’élevaient quant à eux à 4,40% contre 4,30% la veille. Face au risque d’inflation, qui diminue la valeur réelle des remboursements futurs, les créanciers demandent une hausse des taux d’intérêt afin de préserver leur rendement réel.

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Article publié sur le site de L’Orient le Jour: consulter l’article