À part MEA et Royal Jordanian, personne ne reviendra à l’aéroport de Beyrouth avant avril

Alors que la guerre régionale se poursuit depuis presque quatre semaines, le mot « annulé » reste celui qui apparaît le plus sur le tableau des arrivées et des départs de vols du site de l’Aéroport international de Beyrouth.

Jusqu’à présent, seules la Middle East Airlines (MEA), qui n’a jamais interrompu ses vols au prix d’un réaménagement massif de sa grille, et la Royal Jordanian, qui a réactivé de manière hésitante sa liaison Beyrouth-Amman depuis le 21 mars, tentent d’assurer des liaisons quotidiennes depuis le 24, non sans mal. Le vol de la compagnie nationale jordanienne attendu à 11h40 jeudi matin a été décalé d’au moins une heure, selon le standard de l’AIB que nous avons contacté, et était marqué comme annulé sur le site de l’infrastructure.

Les autres compagnies aériennes ont toutes prolongé la suspension de leurs vols vers et à destination de Beyrouth jusqu’à au moins avril. L’Orient-Le Jour fait le point sur les mises à jour les plus récentes.

Espaces aériens

À noter d’abord qu’il n’y a pas de changement majeur à signaler au niveau de l’ouverture des espaces aériens au Moyen-Orient et dans le Golfe par rapport à la semaine dernière – l’Irak maintient notamment le sien fermé, et la Syrie n’opère que l’aéroport d’Alep. Aussi, dans la majeure partie des cas, les compagnies aériennes qui suspendent leurs vols vers Beyrouth font de même – avec certaines différences de dates – pour leurs liaisons vers Israël et les autres pays de la région les plus exposés à la guerre.

À noter aussi que plusieurs compagnies du Golfe ne venaient plus au Liban bien avant la guerre, en raison du contexte global de tensions entre certains pays de la région et Beyrouth. Une situation qui concerne principalement l’Arabie saoudite, Bahreïn et le Koweït, comme nous l’ont rappelé et confirmé deux sources au sein d’agences de voyages que nous avons contactées pour croiser nos informations.

Enfin, les compagnies qui décident de suspendre leurs vols sur de longues périodes sont généralement celles qui parviennent à réaffecter leurs avions sur d’autres trajets pour limiter les pertes – si l’on exclut les facteurs liés à l’assurance ou à la rentabilité. Un luxe que n’ont pas les compagnies du Golfe, qui ont vu la quasi-totalité de leur flotte clouée au sol pendant les premiers jours du conflit et qui reprennent depuis difficilement leur rythme d’avant la guerre. Selon les données de Flightradar24.com reprises par Reuters, Qatar Airways ne fonctionne qu’à un cinquième de ses capacités pour l’instant, contre les trois quarts pour Emirates, un tiers pour Flydubai ou encore la moitié pour Air Arabia et Etihad.

Selon une source au sein des agences, la majorité des compagnies reverront rapidement leur décision de suspendre leurs vols si la situation s’améliore de manière significative. « Mais il faudra que les signes soient concrets et que les prix du carburant se stabilisent », indique la source. Une autre insiste sur le fait qu’il existe toujours un moyen de répondre à la demande, avec des escales et la MEA pour assurer le dernier segment ralliant Beyrouth.

Nouvelles annonces

Quant aux transporteurs qui ont suspendu leurs vols vers le Liban pour des périodes précises :

Turkish Airlines : la compagnie nationale turque, qui évaluait la situation chaque semaine, a annoncé mercredi à ses partenaires au Liban qu’elle suspendait ses vols entre Istanbul et Beyrouth jusqu’au 9 avril « en raison de la situation dans la région ».

Pegasus : la low-cost turque indique sur son site internet que ses vols vers Beyrouth sont suspendus jusqu’au 12 avril, « en raison des restrictions des espaces aériens et des développements récents ».

SunExpress : le transporteur turco-allemand, qui relie Beyrouth à Antalya ou Izmir, n’envisage pas de reprendre ses vols avant le 1er mai.

Air France et Transavia : la compagnie aérienne du groupe Air France-KLM a prolongé cette semaine la suspension de ses vols du 28 mars au 4 avril, selon un message transmis aux agences de voyages, offrant la possibilité aux voyageurs d’être redirigés vers d’autres vols de ses partenaires MEA, Royal Jordanian et Delta Airlines – pour les segments à partir de Paris. Ce délai s’applique a priori également à Transavia, la low-cost du groupe.

Egypt Air : le transporteur égyptien a annoncé mardi à ses partenaires qu’il prolongeait la suspension de sa liaison Beyrouth-Le Caire jusqu’au 15 avril inclus, invoquant des « raisons de sécurité ».

Groupe Lufthansa : le groupe aérien allemand a annoncé mardi que les vols vers Beyrouth de ses différentes compagnies seraient suspendus jusqu’au 30 avril. La décision concerne Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ITA Airways, Edelweiss, Eurowings et la filiale de transport de marchandises Lufthansa Cargo.

Qatar Airways : la compagnie qatarie avait un temps suspendu tous ses vols en raison de la fermeture de l’espace aérien du pays, qui partage une frontière maritime avec l’Iran. Elle a repris progressivement ses opérations au début de la première semaine de mars, mais n’a toujours pas inscrit le Liban dans la liste de ses destinations desservies publiées sur son site.

Emirates, Flydubai et Etihad : Emirates et sa low-cost Flydubai ne devraient pas reprendre les vols vers et depuis le Liban avant le 15 avril au mieux, selon nos sources au sein des agences de voyages. Etihad n’envisage pas de revenir au Liban non plus avant le 15 avril au mieux.

Aegean Airlines : la compagnie grecque, qui espérait revenir à Beyrouth à partir du 29 mars, a repoussé cette date au 23 avril, selon une annonce publiée sur son site.

LOT : la compagnie polonaise a annoncé sur son site avoir prolongé d’un mois, soit jusqu’au 30 avril, la suspension de ses vols vers le Liban, qui ne reprendront pas avant début mai.

Cyprus Airways : dans un communiqué repris par certains médias internationaux, la compagnie chypriote a annoncé suspendre ses vols vers Beyrouth, Dubaï et Tel-Aviv jusqu’au 31 mars.

Sundair : la compagnie allemande a suspendu ses vols vers Beyrouth jusqu’au 12 avril, sauf amélioration notable de la situation d’ici là.

Ethiopian Airlines : la compagnie africaine n’a toujours pas communiqué de date pour la suspension ou la reprise de ses vols vers Beyrouth.

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Article publié sur le site de L’Orient le Jour: consulter l’article