Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants poursuivent leur hausse rapide au Liban

Treize jours après le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran et la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, qui chamboule tout une région et l’économie mondiale, les prix des carburants continuent de monter en flèche au Liban. Le prix du kilolitre de mazout pour les générateurs a ainsi grimpé à 1 032,53 dollars, soit une hausse de 194,82 dollars en une semaine, par rapport au barème de vendredi dernier, pesant directement sur le portefeuille des Libanais.

Le ministère de l’Énergie a annoncé dans sa mise à jour bi-hebdomadaire des tarifs, une nouvelle série de hausses des prix des carburants, qui s’ajoutent à une augmentation déjà importante enregistrée mardi dernier.

– 20 litres d’essence à 95 octane : 2.131.000 livres libanaises, soit 127.000 LL d’augmentation depuis le dernier tarif publié mardi dernier.

– 20 litres d’essence à 98 octane : 2.172.000 LL (+125.000 LL).

– 20 litres de diesel (pour les véhicules) : 2.002.000 LL (+133.000 LL).

– Kilolitre de mazout (utilisé pour approvisionner les générateurs électriques privés) : 1 032,53 dollars (+123,91 dollars de hausse par rapport au barème de mardi).

– Bonbonne de gaz domestique : 1.680.000 LL. (+79.000 LL par rapport au tarif de mardi, le prix du gaz étant mis à jour à un rythme hebdomadaire).

Ces hausses s’élèvent depuis le début de la guerre à 19,7 % pour l’essence par rapport au tarif du 27 février, à 19,9 % pour le gaz, et à 29,4 % pour le mazout.

Ces développements interviennent alors que les craintes d’un regain de pressions inflationnistes se renforcent, alimentées par la volatilité des prix du pétrole liée aux perturbations dans le détroit d’Ormuz dans le contexte de la guerre américano-israélienne en Iran. L’énergie étant un intrant fondamental pour l’ensemble de l’économie, la hausse des prix du pétrole tend à se répercuter le long des chaînes d’approvisionnement, faisant grimper notamment les coûts de production et de transport.

Tout dépend du prix du Brent

Face à cette hausse des prix, le président du syndicat des propriétaires de stations-service au Liban, Georges Brax, a affirmé à L’Orient-Le Jour que « nous sommes encore loin d’avoir atteint le plafond si la situation actuelle se poursuit ». Il souligne que « les prix des carburants continueront d’augmenter puisque tout dépend du prix du baril de Brent », la référence internationale du pétrole, qui a dépassé jeudi la barre des 100 dollars, dans un contexte d’inquiétudes liées à la guerre au Moyen-Orient. « Avant le conflit, il se situait autour de 70 dollars », a-t-il rappelé. « Tant que le prix du baril augmente sur les marchés internationaux, les prix de l’essence, des carburants et du gaz au Liban augmenteront également, puisque ces produits sont importés », a-t-il ajouté, en observant que « depuis le début de la guerre, la hausse du mazout est nettement plus marquée que celle de l’essence ».

M. Brax a toutefois tenu à rassurer la population. « Les quantités de carburant disponibles – mazout, essence et gaz domestique – sont actuellement suffisantes pour couvrir la consommation locale. Il n’y a donc pas lieu de paniquer ni de se ruer vers les stations-service », a-t-il assuré. « Les stocks dans les dépôts sont suffisants et, surtout, la voie maritime vers les ports libanais reste ouverte. L’importation se poursuit normalement tant que cet accès maritime n’est pas interrompu », a-t-il conclu.

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Article publié sur le site de L’Orient le Jour: consulter l’article