Marchés mondiaux: les hydrocarbures repartent à la hausse, inversement de tendance sur les Bourses

Les prix des hydrocarbures sont repartis mercredi à la hausse, après une accalmie dans la matinée, en raison d’une frappe des États-Unis et d’Israël contre des installations gazières en Iran, préoccupant les Bourses et les marchés obligataires avant les réunions de la Fed et de la BCE.

Après avoir reculé une bonne partie de la matinée, vers 13 h 40 GMT, le Brent grimpait de 4,15 % à 107,71 dollars, peu après la frappe contre l’Iran. L’équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, montait également (+1,74 %, à 97,88 dollars).

Le prix du gaz prenait 6,11 % à 54,71 euros le mégawattheure, selon le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence en Europe.

Une frappe menée mercredi par Israël et les États-Unis a touché des installations iraniennes, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d’État. Visé, l’immense champ gazier de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l’Iran partage avec le Qatar.

Grand producteur de gaz, le Qatar, exposé aux représailles de Téhéran, a qualifié de « dangereuse et irresponsable » la frappe contre l’installation gazière iranienne.

Les Bourses reculent, les taux remontent

Cette attaque a provoqué un retournement de tendance sur les marchés boursiers. À New York, les trois principaux indices évoluaient en zone négative, quelques minutes après l’ouverture (-0,10 % pour le Nasdaq, -0,22 % pour le S&P 500 et -0,26 % pour le Dow Jones).

Les contrats à terme sur les principaux indices présageaient pourtant d’une ouverture en hausse avant l’annonce de la frappe. Des indices européens sont également passés dans le rouge, après avoir commencé la semaine et la journée en hausse (-0,40 % à Francfort et -0,75 % à Londres). Paris maintenait une légère tendance haussière (+0,14 %).

La flambée du prix du brut depuis le début de la guerre a ravivé les craintes d’un regain d’inflation dans l’économie mondiale, ce qui a nettement pesé sur les marchés boursiers et fait grimper les taux ces deux dernières semaines. Sur le marché de la dette, les taux d’intérêt des États repartaient à la hausse, après avoir reculé dans la matinée, en raison notamment de l’annonce d’une reprise partielle des exportations de pétrole irakien, bloquées à cause du conflit.

Peu avant 13 h 40 GMT, le rendement à dix ans allemand, référence en Europe, remontait à 2,93 % contre 2,90 % la veille. Son équivalent français atteignait 3,59 %, contre 3,55 % mardi soir. Le taux italien grimpait nettement à 3,71 %, contre 3,65 % la veille en clôture.

Cap sur les banques centrales

Un œil vers le détroit d’Ormuz, l’autre vers les banques centrales : les investisseurs attendent les premières réactions des principales institutions monétaires au conflit au Moyen-Orient. Mercredi soir (heure de Paris), la Réserve fédérale américaine (Fed) donnera le ton à l’issue de sa réunion. L’institution devrait conserver ses taux à leur niveau actuel. Elle pourrait aussi montrer qu’elle n’est pas prête à les baisser en raison des craintes d’un regain d’inflation causé par la guerre.

Le « communiqué de la Fed et de la conférence de presse de Jerome Powell », son président, « détermineront la réaction des marchés », relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB, qualifiant cet exercice de « délicat ». « Si (la Fed) se montre trop préoccupée par les pressions inflationnistes, le moral des marchés pourrait en pâtir », mais « si elle ne se montre pas assez préoccupée », les marchés « pourraient remettre en question sa crédibilité », résume-t-elle. Suivra la Banque centrale européenne (BCE) jeudi. Sa présidente, Christine Lagarde, a déjà affirmé que l’institution monétaire ferait tout ce qui est « nécessaire » pour que « l’inflation soit sous contrôle » face à la flambée des prix de l’énergie.

La Banque du Canada a déjà mis en garde mercredi contre la « volatilité » liée à la guerre, même si elle a décidé de maintenir son taux inchangé à ce stade. Mardi, la Banque de réserve d’Australie (RBA) avait relevé son taux directeur d’un quart de point de pourcentage, invoquant la « forte hausse des prix des carburants » provoquée par la guerre au Moyen-Orient, qui risque d’alimenter les tensions inflationnistes.

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Article publié sur le site de L’Orient le Jour: consulter l’article