Davantage de vols depuis le Qatar, reprise des liaisons commerciales aux Émirats : le point sur la réouverture des espaces aériens dans la région

Environ deux semaines après le début de la guerre déclenchée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les pays du Moyen-Orient et du Golfe restreignent encore majoritairement leurs espaces aériens et le nombre de vols opérés par leurs compagnies nationales, malgré certains assouplissements.

Le compteur des annulations de vols cumulées continue de s’affoler, avec plus de 40 000 annulations sur les 72 000 vols programmés, selon des données publiées cette semaine par Cirium, entreprise spécialisée dans l’analyse de données aéronautiques.

L’Orient-Le Jour revient sur les décisions prises par les pays situés dans la zone la plus touchée par le conflit, qui s’étend de l’est du bassin méditerranéen à l’Asie de l’Ouest. Toutes les informations ont été obtenues via les agences de presse ainsi que le site Flightradar24 et ont été recoupées avec notre réseau de sources au sein de divers acteurs du transport aérien.

Liban : l’espace aérien libanais et l’aéroport international de Beyrouth restent ouverts, même depuis que le conflit s’est étendu dans le pays le 2 mars. Seule la Middle East Airlines opère des vols vers un nombre limité de destinations — notamment dans le Golfe, avec souvent des temps de vol plus longs — pouvant varier en fonction des événements ou des restrictions de passage dans les couloirs aériens que ses avions doivent emprunter.

Syrie : l’aéroport international de Damas est fermé depuis fin février. Mais depuis une semaine, les autorités syriennes ont réactivé un couloir aérien depuis Alep pour des vols spéciaux, notamment assurés par la compagnie privée syrienne Cham Air. Le couloir est également ouvert aux compagnies aériennes étrangères. La compagnie roumaine Dan Air a récemment annoncé qu’elle allait programmer des vols.

Iran : l’espace aérien et les aéroports de la République islamique sont totalement fermés jusqu’au 15 mars, avec quelques exceptions décidées au cas par cas.

Bahreïn et Koweït : leurs espaces aériens sont restés fermés jusqu’à présent. Les autorités du Koweït ont fait état jeudi de dégâts après une attaque de drones sur l’aéroport de la capitale. Les passagers qui veulent quitter le pays peuvent rallier l’Arabie saoudite par la route, en obtenant un visa de transit valable 72 heures. Bahreïn a déplacé des avions de passagers et de cargo de l’aéroport vers des sites moins exposés. Le Bahreïn a récemment exempté les détenteurs de visas des amendes infligées en cas de retard à quitter le pays, pendant un mois après la réouverture de l’espace aérien.

Irak : l’espace aérien reste totalement fermé, tout comme les aéroports, également jusqu’au 13 mars.

Qatar : la Qatar Civil Aviation Authority a partiellement rouvert son espace aérien samedi dernier après une semaine de fermeture totale. Depuis, Qatar Airways a opéré plusieurs vols spéciaux de rapatriement vers diverses destinations et en a programmé 119 entre le 13 et le 17 mars. L’émirat gazier a décidé, dès les premiers jours du conflit, de prolonger gratuitement d’un mois les visas des voyageurs pris au piège et de prendre en charge les frais d’hôtels et de repas des passagers bloqués. S’agissant des vols vers le Liban, le Qatar prend ses décisions au jour le jour et n’a pas annoncé de suspension prolongée pour l’instant.

Émirats arabes unis : l’émirat a maintenu jusqu’au 16 mars sa décision de garder ouverts des couloirs aériens via des zones d’Emergency Security Control of Air Traffic (ESCAT), où le trafic aérien est placé sous contrôle de sécurité renforcé. Etihad Airways, Emirates, Air Arabia et Flydubai assurent certains vols vers des destinations majeures, pour des vols de rapatriement. Certaines liaisons commerciales ont également repris, mais pas vers Beyrouth. Emirates a suspendu ses vols vers le Liban jusqu’au 14 mars, tandis qu’Etihad n’atterrira plus dans la capitale libanaise avant le 22 mars au mieux.

Arabie saoudite : l’espace aérien reste partiellement fermé au niveau des frontières avec l’Irak et le golfe Persique, jusqu’à nouvel ordre, mais continue d’opérer des vols via ses autres couloirs aériens. Les compagnies saoudiennes ne desservent pas le Liban. Les principaux aéroports du pays restent ouverts. Les compagnies saoudiennes ont pour l’instant annulé leurs vols vers le Liban jusqu’à aujourd’hui.

Oman : l’espace aérien demeure ouvert, mais Oman Air a annoncé dimanche la suspension de ses vols vers neuf destinations au Moyen-Orient en raison de la situation sécuritaire volatile — la compagnie avait arrêté de desservir le Liban il y a plusieurs années. Salam Air a suspendu ses vols vers Beyrouth jusqu’au 28 mars.

Jordanie : d’abord partiellement fermé dès les premiers jours du conflit, l’espace aérien jordanien est presque totalement rouvert depuis une bonne semaine. Il est recommandé aux avions en approche d’embarquer du carburant supplémentaire afin de pouvoir faire face à d’éventuels retards, rapporte Flightradar24. Le président du conseil des commissaires de la Civil Aviation Regulatory Commission, Daifallah al-Farajat, a affirmé dans un communiqué que le trafic aérien à l’aéroport international Reine Alia évolue de manière stable et régulière, avec « un taux d’exploitation quotidien compris entre 110 et 130 vols ». La Royal Jordanian assure certains vols vers le Liban , mais en annule beaucoup au fur et à mesure.

Chypre, Égypte et Turquie : les espaces aériens sont ouverts, mais les compagnies aériennes limitent, voire ont cessé d’opérer des vols vers le Moyen-Orient et le Golfe tant que la situation reste instable. Turkish Airlines ne prévoit pas d’opérer de vols vers le Liban avant le 19 mars.

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