Intervention de S.E. Dr. Fadi Makki lors du Colloque Talents sans frontières organisés par FEL






Intervention de S.E. Dr. Fadi Makki
Ministre d’État chargé du Développement Administratif (OMSAR)
Lors du colloque organisé au Sénat français par le Forum des Experts Libanais, le ministre Fadi Makki a partagé sa vision de la reconstruction institutionnelle du Liban et du rôle stratégique que peut jouer la diaspora dans ce processus.
Son intervention s’est articulée autour de deux priorités majeures.
De la fuite des cerveaux à la connexion des talents
Le ministre a souligné la nécessité de dépasser la logique traditionnelle du « brain drain » pour adopter une approche fondée sur le « brain connection ». Selon lui, l’enjeu n’est plus uniquement de favoriser le retour des talents libanais, mais de créer les conditions permettant à ces talents de contribuer au développement du Liban où qu’ils se trouvent dans le monde.
Dans un contexte marqué par la mondialisation des compétences et des réseaux, la contribution à l’intérêt général ne dépend plus exclusivement de la présence physique dans le pays. Expertise, mentorat, transfert de connaissances, accompagnement des réformes et mobilisation de réseaux internationaux constituent autant de formes d’engagement à forte valeur ajoutée.
À cet égard, le ministre a présenté les initiatives engagées par son ministère visant à renforcer les liens entre le secteur public, le monde académique et les professionnels de la diaspora afin de mobiliser les expertises au service de la modernisation de l’État.
Réinventer l’État et restaurer la confiance
Le second axe de son intervention a porté sur l’initiative « Reinventing Government 2030 », qui vise à repenser en profondeur le fonctionnement de l’administration publique libanaise.
Cette démarche ambitionne de moderniser les institutions, simplifier les services publics, renforcer les fonctions de régulation et de contrôle, développer une gouvernance plus efficace et placer le citoyen au cœur de l’action publique.
Le ministre a également mis en avant un résultat particulièrement encourageant issu des travaux d’écoute et d’évaluation menés par son ministère : malgré les défis considérables auxquels le Liban demeure confronté, les indicateurs de confiance envers le gouvernement ont enregistré une progression significative d’environ 18 % depuis mars 2025.
Pour Fadi Makki, cette évolution démontre qu’une relation de confiance peut être reconstruite lorsque les citoyens perçoivent une volonté réelle de réforme, de transparence et de responsabilité de la part des institutions publiques.
Une responsabilité collective pour reconstruire le Liban
En conclusion, le ministre a rappelé que la reconstruction et la modernisation du Liban ne pourront être portées par les seules institutions publiques. Elles nécessitent une mobilisation collective associant l’État, le secteur privé, le monde académique, la société civile ainsi que la diaspora libanaise.
Il a salué le rôle du Forum des Experts Libanais dans la création de passerelles entre les compétences libanaises à travers le monde et les besoins du pays, soulignant l’importance de telles initiatives pour accompagner les réformes et préparer l’avenir du Liban.


