Karim Bitar: la diaspora et le capital humain ne sont pas seulement des atouts du Liban, ils constituent le socle de son renouveau.



Karim Bitar souligne lors de son intervention au colloque du 20 juin au Palais du Luxembourg sous le thème: « Talents Libanais sans frontières : capital humain à puissance d’impact » dans le premier panel modérer par Lynn Tehini
« Ce n’est pas un hasard si la diaspora a donné un bonus significatif à tous les candidats réformateurs aux dernières élections législatives. »
« Il n’y a pas de salut hors de l’État, un État qui se concentre sur ses missions régaliennes mais qui les assume pleinement, pour casser ce lien de dépendance envers l’étranger. »
la diaspora libanaise constitue un levier majeur de transformation économique, politique et culturelle pour le Liban. Si l’expatriation ne change pas automatiquement les convictions ou les comportements, elle favorise progressivement une émancipation des réseaux clientélistes et une ouverture à d’autres cultures et modes de gouvernance. Cette évolution explique, selon lui, le soutien croissant de la diaspora aux candidats réformateurs lors des dernières élections ainsi que sa contribution à l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.
L’intervenant rappelle que l’ouverture sur le monde fait partie de l’identité du Liban. Contrairement à d’autres sociétés qui perçoivent la mondialisation comme une menace, les Libanais ont historiquement développé une capacité naturelle à évoluer dans des environnements internationaux. Dans un monde désormais organisé en réseaux plutôt qu’exclusivement autour des États, les diasporas, les communautés d’experts et les réseaux transnationaux deviennent des acteurs stratégiques du développement et de l’influence.
Sur le plan géopolitique, Karim Bitar distingue clairement le court terme, marqué par une forte instabilité régionale et des crises persistantes, du long terme, où il demeure résolument optimiste. Son optimisme repose sur la qualité du capital humain libanais, la vitalité de la diaspora et l’engagement quotidien des forces vives du pays – secouristes, journalistes, médecins, ingénieurs, entrepreneurs et citoyens – qui continuent à faire fonctionner le Liban malgré les difficultés.
Pour transformer ce potentiel en réussite durable, il identifie plusieurs conditions essentielles : préserver la cohésion nationale, reconstruire progressivement la souveraineté de l’État, renforcer les institutions publiques et mettre fin aux logiques de dépendance et de clientélisme qui fragilisent le pays et ouvrent la voie aux ingérences étrangères.
En conclusion, Karim Bitar délivre un message d’espoir mesuré : l’avenir du Liban dépend moins de son environnement régional que de sa capacité à s’appuyer sur son capital humain, sa diaspora et un État fort, impartial et pleinement souverain. Tant que ces ressources humaines et cette volonté collective perdureront, le Liban conservera les moyens de se reconstruire.
La diaspora et le capital humain ne sont pas seulement des atouts du Liban, ils constituent le socle de son renouveau souligne Karim Bitar


