Le Forum des Experts Libanais se mobilise pour aider le Liban

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Dans un box de parking souterrain, une petite équipe s’affaire autour d’une quinzaine de cartons.

« On est en train de placer les produits qu’on nous a gentiment offerts. C’est apparemment des pansements. » Kory Tahan, comme les autres, est membre du Forum des experts libanais. Une association qui regroupe essentiellement des dirigeants de sociétés issues de la diaspora. Nada Chehab en est la présidente. « Nous, on travaille sur des sujets économiques, sur l’emploi, mais quand on se retrouve dans cet état, on met la main à la pâte. »

À chaque crise, l’association se mobilise

Depuis le début de la guerre, l’association dont fait aussi partie Artemis Kairouz, une professionnelle du tourisme, centralise les collectes de plusieurs autres ONG. Un premier lot a déjà rejoint le Liban il y a dix jours. « Ce sont des produits alimentaires et des médicaments de première nécessité. » « C’est-à-dire qu’on envoie des choses qui ne peuvent pas être achetées sur place. Ça ne sert pas à grand-chose d’envoyer des choses qui ont été jetées la dernière fois », complète Nada Chehab.

Car l’association a de l’expérience. Collecter, trier, emballer est malheureusement devenu une habitude pour ses membres. « On s’est retrouvé il y a de ça à peu près deux ans. On a fait à peu près la même chose. Conséquence encore d’une autre exaction, d’une autre guerre », précise Kory Tahan.

Il y a deux ans, une offensive israélienne dans le sud du Liban. Avant cela, l’épidémie de Covid, l’explosion du port de Beyrouth. L’association se mobilise à chaque crise. Mais cette fois, c’est saisi d’une angoisse inédite que Nada, Artémis et Kory tentent d’apporter leur aide.

« C’est une guerre qui n’a ni queue ni tête »

« Ce n’est plus une guerre comme toutes les guerres qui sont arrivées. Personne ne sait pourquoi les choses se passent », constate Nada Chehab.

« Notre inquiétude n’est pas seulement pour les Libanais qui se trouvent au Liban. Nous sommes un pays de diaspora. Là, par exemple, j’ai une fille à Doha, une autre à Dubaï. Ma famille personnelle est au Liban. Alors moi, je passe mon temps à écouter les nouvelles. Dès que ça barde, je fais un harcèlement aux uns, aux autres. « Juste rappelez-moi, est-ce que tout va bien ? Oui, tout va bien, c’est parfait. » Vous ne pouvez pas dormir parce que vous ne savez pas. C’est une guerre qui n’a ni queue ni tête », développe Artemis Kairouz.

« On ne peut pas faire quelque chose contre cette guerre qui existe. Notre voix, on va dire, ne dépasse pas peut-être nos cartons ». Mona pointe du doigt quelques lignes en arabe collées sur chaque carton, sous le logo de son association. « Vous savez ce qu’on a écrit là : « Aujourd’hui, et plus que n’importe quand, nous sommes avec vous ». C’est notre message. »

Un message qui devrait arriver à Beyrouth par bateau dans une quinzaine de jours.

Source : Guerre au Moyen-Orient: la diaspora libanaise se mobilise pour aider leurs compatriotes

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