La diaspora libanaise, un levier stratégique pour la renaissance du Liban

Au Palais du Luxembourg , le 20 Juin dernier , en ouverture du colloque sous le thème « Talents libanais sans frontières : d’un capital humain à une puissance d’impact », Nada Chehab a placé la diaspora libanaise au cœur de la réflexion sur l’avenir du Liban. Son intervention repose sur une conviction forte : le pays dispose d’une richesse exceptionnelle, non pas tant dans ses ressources naturelles que dans son capital humain. La diaspora ne doit plus être perçue uniquement comme une source de transferts financiers, mais comme un véritable partenaire stratégique de son développement.

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Estimée à près de 16 millions de personnes réparties dans le monde, la diaspora représente une force économique considérable. Les transferts financiers vers le Liban, évalués entre 12 et 16 milliards de dollars par an, correspondent à une part significative du produit intérieur brut. Pour Nada, ces chiffres témoignent de l’attachement durable des Libanais de l’étranger à leur pays d’origine, mais ils ne doivent pas masquer un enjeu plus important : créer les conditions permettant de mobiliser pleinement leurs compétences, leur expertise et leurs réseaux.

Cette mobilisation passe d’abord par des secteurs où les Libanais disposent d’un savoir-faire reconnu à l’international, notamment le commerce international, la finance, l’innovation, la gouvernance et l’éducation. Parmi les priorités évoquées figure la digitalisation du commerce international. Nada souligne notamment l’importance de la facturation électronique, de la modernisation des procédures douanières et de la transformation numérique des échanges, autant de leviers susceptibles de renforcer la compétitivité du Liban et de faciliter son intégration dans les chaînes de valeurs internationales.

Au-delà des aspects économiques, elle met en avant une caractéristique propre à la diaspora libanaise : sa capacité à créer des passerelles entre les cultures. Les Libanais partent étudier, travailler ou entreprendre à l’étranger, acquièrent de nouvelles compétences, puis les transmettent à leur pays d’origine. Cette circulation permanente des connaissances, des expériences et des pratiques constitue, selon elle, une forme d’intelligence collective qui nourrit l’innovation et favorise l’émergence de nouvelles opportunités.

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Nada appelle ainsi à un changement de regard. Pendant longtemps, la diaspora a été considérée essentiellement comme un soutien financier. Aujourd’hui, elle aspire à jouer un rôle plus large. Son apport peut être économique, mais aussi stratégique, institutionnel et même politique. Forte de son expérience internationale, de ses réseaux et de sa connaissance des meilleures pratiques, elle peut contribuer à accompagner les réformes, soutenir les projets de développement et renforcer le rayonnement du Liban à l’international.

En conclusion, Nada rappelle que « le Liban n’est pas pauvre de ressources ; il est riche de son capital humain ». Le défi consiste désormais à transformer cette richesse mondiale en une force capable d’accompagner la renaissance économique, institutionnelle et internationale du pays. Pour elle, l’avenir du Liban passe par une mobilisation collective de sa diaspora, non plus seulement comme soutien financier, mais comme acteur à part entière de son développement.

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